La question suppose que le mariage avec sa nièce est interdit par la Torah, mais les sources indiquent précisément l'inverse : Peninei Halakhah, Family 4:2 énonce qu'il est interdit à un homme d'épouser sa tante (דודה), mais qu'à l'oncle il est permis d'épouser sa nièce (אחיינית).
La liste des unions interdites pour inceste citée par Peninei Halakhah, Simchat Habayit U'Virkhato 3:5 inclut la mère, la fille, la sœur, la tante, la belle-sœur, la belle-fille — mais pas la nièce, confirmant que ce lien n'entre pas dans les arayot bibliques.
Le pasuk de base sur l'inceste, Vayikra 18:6, pose le principe général de ne pas s'approcher de sa propre chair, et Vayikra 18:17 détaille l'interdiction d'épouser la fille de la fille ou la fille du fils d'une femme qu'on a connue — des cas précis qui ne visent jamais la nièce de l'homme lui-même.
Sefer HaMitzvot, Negative Commandments 336 explique par une drashah (ג' in Yevamot) comment la Torah étend l'interdit de 'ervat bittekha' à la petite-fille par analogie des termes 'הנה הנה' et 'זמה זמה', ce qui montre que l'extension des arayot se fait par des gezeirot shavot précises et non par simple analogie à la nièce.
Arukh HaShulchan, Even HaEzer 15:1-2 recense les vingt-deux arayot bibliques et les vingt (ou seize/dix-huit) 'sheniyot' d'origine rabbinique, catégorie où s'insèrent certaines proximités supplémentaires, mais la nièce n'y figure pas comme ervah de la Torah.
Sefer Chasidim 491 affirme explicitement que la Torah a permis (התירה) à un homme d'épouser la fille de son frère ou la fille de sa sœur, tandis qu'il lui est interdit d'épouser la sœur de son père ou la sœur de sa mère — renversant donc le sens supposé par la question.
Be'er HaGolah, Well 2 11:1 cite la Gemara de Yevamot louant celui qui épouse la fille de sa sœur comme un acte méritoire, et rejette toute idée qu'il y aurait là une once d'inceste, rappelant que seules les unions explicitement interdites par la Torah le sont, et que celle-ci n'en fait pas partie.
Mishneh Torah, Forbidden Intercourse 2:6 montre la méthode par laquelle le Rambam dérive les arayot non écrites explicitement (comme la petite-fille) à partir du silence de la Torah sur la fille elle-même, mais cette méthode ne s'applique jamais à la nièce, qui reste permise.
Responsa Rav Pealim, Volume II, Even HaEzer 26:4 traite de restrictions rabbiniques dérivées (gezeirot) concernant certaines proches par alliance, comme la sœur de la femme du vivant de celle-ci, mais ces extensions dérabanan ne touchent pas non plus l'union oncle-nièce elle-même.
Ma'ayan Omer (Maayan Omer 9:1:25) traite des mariages entre proches parents en citant des sources qui louent le mariage avec sa nièce, tout en exposant des préoccupations médicales modernes sur les maladies héréditaires et diverses approches rabbiniques concernant les tests sanguins et les avertissements attribués à Rabbi Judah Hassid, sans jamais présenter ce mariage comme interdit par la Torah.